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19 Septembre 1893 – Aux urnes citoyennes ! Droit de vote pour les Néo-Zélandaises

ImageLe droit de vote des femmes a été accordé pour la première fois en Nouvelle-Zélande Women's suffrage in the United States - WikipediaUn combat infatigable pour les femmesBook Launch - 'Kate Sheppard: Leading the way for...L’histoire du premier pays à accorder le droit de vote aux femmesKate Sheppard - L'histoire d'une suffragette - Blog Numiscollection19 septembre 1893 – À la fin du XIXe siècle, le mouvement pour le suffrage des femmes était répandu dans toute l’Europe du Nord, l’Amérique, la Grande-Bretagne et ses colonies. Mais le premier pays autonome à accorder le droit de vote à toutes les femmes fut la Nouvelle-Zélande le 19 septembre 1893.  Alors, comment la Nouvelle-Zélande a-t-elle réussi à accorder le droit de vote à toutes les femmes, y compris les femmes indigènes maories, des décennies avant les autres pays ? Bien que certains États américains aient été précoces pour étendre le droit de vote aux femmes (Wyoming 1869, Utah 1870), le pays suivant après la Nouvelle-Zélande était la Finlande en 1907, alors partie de l’Empire russe. De nombreux autres pays, comme le Royaume-Uni et les États-Unis, n’ont instauré le droit de vote des femmes qu’après la Première Guerre mondiale.  Le combat en Nouvelle-Zélande a été remporté grâce à une curieuse combinaison de persévérance, de liens étroits avec le mouvement de tempérance et, dans une certaine mesure, de chance. ImageLe mouvement de tempérance qui avait pris de l’importance en Nouvelle-Zélande dans les années 1880, blâmait l’alcool pour de nombreux problèmes de la société coloniale, les femmes et les enfants en étant les plus touchés.  Une branche néo-zélandaise de la Woman’s Christian Temperance Union (WCTU), basée sur l’organisation américaine, a été créée en 1885. Elle a été inspirée par une tournée dans le pays cette année-là par un membre de la WCTU américaine, Mary Leavitt. La WCTU a estimé que ce n’est que par le biais des droits politiques que les femmes auraient leur mot à dire sur la consommation et l’abus d’alcool. Une autre influence majeure sur la pensée politique de l’époque était les travaux alors largement lus du philosophe anglais John Stuart Mill qui défendait les droits des femmes.Women's suffrage (New Zealand) | AnyQuestions

Kate Sheppard Christchurch, un dirigeant d’origine anglaise de l’Union de la tempérance est devenu la principale suffragette de Nouvelle-Zélande. Elle a parlé dans tout le pays avec beaucoup de succès et a organisé une série de pétitions au parlement pour exiger le vote des femmes. Celles-ci étaient extrêmement influentes et contestées avec force par des personnalités de l’industrie des alcools. En 1893, la pétition finale pour le suffrage des femmes a obtenu près d’un quart de toutes les signatures de femmes européennes adultes.  Un précédent projet de loi au parlement avait échoué à la chambre haute, mais le 8 septembre 1893, il fut adopté par 20 voix contre 18 après que le Premier ministre Richard Seddon eut tenté de l’arrêter. Son ingérence a tellement ébranlé les deux autres députés qu’ils ont changé leur vote et que le projet de loi a été adopté.ImageMais le gouverneur de la Nouvelle-Zélande, Lord Glasgow, en tant que représentant du monarque britannique, devait encore signer le projet de loi. Les suffragettes ont fait un dernier effort et le 19 septembre 1893, Lord Glasgow a signé le projet de loi.  Avec seulement six semaines pour s’inscrire aux prochaines élections législatives du 28 novembre, 84 % des femmes se sont inscrites et les deux tiers plus tard ont voté pour la première fois. Aujourd’hui, le portrait de Kate Sheppard figure sur le billet de dix dollars néo-zélandais et le centenaire du droit de vote des femmes a été largement célébré en Nouvelle-Zélande en 1993. Le Canada a suivi en accordant le droit de vote aux femmes en 1917, le Royaume-Uni en 1918 et les États-Unis en 1920. En revanche, la Suisse n’a accordé aux femmes le plein droit de vote qu’en 1971, le Portugal en 1976 et le Liechtenstein en 1984.ImageLe droit de vote des femmes n’a pas été adopté au même moment dans tous les pays du monde. Il a été progressivement accordé aux femmes dans la majorité des pays au début du XXe siècle. Mais saviez-vous qu’il a été adopté pour la toute première fois en 1893, et ce, en Nouvelle-Zélande ? Le 19 septembre 1893, la Nouvelle-Zélande est entrée dans l’Histoire en reconnaissant pour la toute première fois dans le monde le droit de vote aux femmes. Cette même année, elles ont donc eu le droit de voter au suffrage universel aux élections législatives, y compris pour les femmes maories.Kate Sheppard by Nic KlompCe droit de vote a été obtenu après qu’une pétition, d’une ampleur impressionnante et présentée par Kate Sheppard (1847-1934), célèbre suffragette, a été diffusée. De 270 mètres de long, elle a regroupé près de 32 000 signatures réclamant le droit de vote aux femmes. Ainsi, ce sont près d’un quart de la totalité des femmes du pays l’ont signée. Une action déterminante pour l’évolution des libertés et droits des femmes néo-zélandaises. Celeste Williams у Твіттері: «The Nineteenth Amendment became part of the U.S. Constitution on August 26, 1920. Women were arrested, jailed, went on hunger strikes and were force fed in prison fightingMalgré cela, les Néo-Zélandaises ont dû attendre 1919 avant de pouvoir obtenir le droit de se porter candidates aux élections.  Ce jour est désormais appelé le Suffrage Day. Il vient ponctuer tous les ans la célébration de cette date essentielle de l’évolution du pays. Cette journée offre aux particuliers et aux associations l’occasion de célébrer les progrès de la Nouvelle-Zélande en matière de suffrage et de continuer de rechercher des moyens pour faire avancer davantage les droits en faveur des femmes. Il s’agit donc d’une date clé de la fin du XIXe siècle, sachant que les Kiwis sont également devenus le symbole de la libération de la femme ce même jour.

UNE PETITION EN FAVEUR DU SUFFRAGE FEMININNew Zealand 1893 Women's suffrage petition onlineCette victoire sociale est le résultat des campagnes soutenues des suffragettes, avec Kate Sheppard à leur tête. En 1891, 1982 et 1983, plusieurs pétitions sont déposées au Parlement pour réclamer le droit de vote des femmes. Le 19 Septembre 1893, le gouverneur Lord Glasgow, signe et entérine le nouvel acte Electoral. La Nouvelle-Zélande devient ainsi le premier pays au monde à accorder le droit de vote aux femmes au cours d’élections parlementaires.

La femme rebelle, Kate Sheppard participe à l’introduction du premier projet de loi pour le suffrage féminin en 1887 et l’année suivante publie une brochure intitulée « Ten reasons why the women of New-Zélande should vote ». La Ligue de tempérance présente une pétition en faveur du suffrage féminin au parlement en 1891, soutenue par trois ministres dont le premier ministre, John Ballance. Kate Sheppard s’implique fortement dans l’écriture et le soutien de cette pétition qui malheureusement ne porte pas ses fruits. L’année suivante, une seconde pétition, réunissant 20 000 signatures – pour une population de 700 000 âmes – est présentée, en vain. Et encore une autre, qu’elle décrit comme « un monstre de pétition » puisqu’elle contient 30 000 signatures, en 1893. Pour gérer la masse de feuilles de signature qui arrivent dans son bureau, elle les colle l’une à l’autre et les roule autour d’une manche de balai. C’est cette année là, le 19 septembre, que le gouverneur David Boyle signe la proposition de loi et fait de la Nouvelle-Zélande le premier pays du monde qui accorde aux femmes le droit de vote, et bien avant son indépendance de l’Empire britannique en 1947.  Kate Sheppard est alors reconnue comme étant le leader du mouvement pour le droit de vote des femmes. Elle n’a pas le temps de se reposer puisque les élections se tiennent seulement 10 semaines après le vote de la loi. Avec la Ligue de tempérance, elle va encourager les femmes à s’enregistrer comme électrices. Malgré le délai très court, presque deux-tiers des femmes votent cette année là.

Une fois cette lutte acquise, elle retourne en Angleterre ou elle rencontre les suffragistes anglaises et donne des discours. De retour en Nouvelle-Zélande, elle est élue présidente du tout nouveau Conseil national des femmes de Nouvelle Zélande qui aura une influence considérable sur l’opinion publique. Maintenant que les femmes peuvent voter, le vrai combat pour l’égalité ne fait que commencer. Sheppard se bat pour l’égalité au sein du mariage et le droit pour les femmes de siéger au Parlement. Plus tard, elle s’investira dans la production du journal de la Ligue, The White Ribbon, seul journal édité, possédé et géré par des femmes en Nouvelle-Zélande et publiant des articles qui traitent des droits des femmes. Katherine défend de nombreuses idées liées à l’amélioration de la situation des femmes, notamment l’établissement d’une indépendance légale et économique des femmes sur les hommes, mais aussi l’accès à la contraception, le droit de divorcer, l’abolition des corsets, les bienfaits du vélo et des activités physique pour les femmes. En 1903, elle se retire de sa position au Conseil national des femmes à cause de problèmes de santé et elle déménage, avec son mari tout juste pensionné, en Angleterre dans le but de prendre sa retraite également. Elle s’arrête brièvement aux Etats-Unis et au Canada ou elle rencontre la suffragiste américaine Carrie Chapman. À Londres, elle est active pour la promotion du suffrage féminin, mais sa santé défectueuse la force à arrêter son travail.  En 1904, elle rentre en Nouvelle-Zélande et continue d’écrire, même si elle ne participe plus activement aux cercles politiques. Sa santé se stabilise, et même si elle reste faible et ne récupèrera plus jamais une forme suffisante, elle continue d’influencer le mouvement pour les droits des femmes néo-zélandaises. En 1916, elle réussi, avec d’autres suffragistes à revitaliser le Conseil national des femmes qui s’était peu à peu affaibli.

Son fils meurt en 1910 et son mari en 1915 en Angleterre. En 1925, elle épouse un vieil ami, William Sidney Lovell-Smith. Il décède seulement 4 années plus tard. Katherine Sheppard, quant à elle, décède en juillet 1934. Un billet de 10 dollars néo-zélandaise porte son image et en 1993, année du centenaire du passage de la loi pour le suffrage féminin, un mémorial lui a été dédié à Christchurch.

La première Guerre mondiale ouvre la voie en Europe 

La Nouvelle-Zélande a donc montré la voie aux autres pays, notamment européens. Le pays a notamment été suivi par l’Australie en 1902, le Grand-duché de Finlande en 1906, l’Empire russe en 1907 et la Norvège en 1913.

Les premières femmes élues le seront en Finlande aux législatives de 1907. L’année précédente, le pays scandinave était le premier à adopter un suffrage réellement universel sans distinction de sexe ou de race.  La fin de la Grande Guerre accélère l’adoption du vote des femmes dans de nombreux pays européens, comme l’Allemagne, la Russie ou le Royaume-Uni, patrie des célèbres suffragettes. En Angleterre ou aux Etats-Unis, les femmes n’obtiennent pas le droit de vote avant la fin de la 1ere Guerre Mondiale. Les Françaises ont dû attendre jusqu’en 1944 pour enfin obtenir le droit de vote et 1945 pour l’exercer pour la première fois.

https://www.lefigaro.fr/histoire/archives/2018/11/27/26010-20181127ARTFIG00271-droit-des-femmes-les-neo-zelandaises-sont-les-premieres-a-voter-le-28-novembre-1893.php

https://www.nouvellezelandeservices.com/blog-nzs/2016/9/29/aux-urnes-citoyennes-1

https://dailygeekshow.com/droit-vote-nouvelle-zelande/

http://8mars.info/droit-de-vote-pour-les-neo-zelandaises

http://www.garance.be/spip.php?article955

28 Juillet 1893 – Une pétition organisée par Kate Sheppard, réclamant le suffrage des femmes

 

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