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20 Juin 1900 – La révolte des Boxers (Chine, 1900-1901)

What if China was partitioned after the Boxer Rebellion - Maps | FandomLes origines du mouvement La révolte du boxeur - Kung-fu Paris I La passion des Arts martiaux chinois7 septembre 1901 – Un traité met fin à la révolte des BoxeursL'insurrection des “Boxers”, Le Petit Parisien, 2 juin 1900La révolte des Boxers (littéralement : « mouvement de l’union de la justice et de la concorde »), ou révolte des Boxeurs, ou guerre des Boxers, fomentée par les Poings de la justice et de la concorde, société secrète dont le symbole était un poing fermé, d’où le surnom de Boxers donné à ses membres en Occident, se déroula en Chine, entre 1899 et 1901.La révolte des Boxers et l'effondrement de la dynastie Qing (Chine) - YouTubeCe mouvement, initialement opposé à la fois aux réformes, aux colons étrangers et au pouvoir féodal de la dynastie mandchoue des Qing, fut utilisé par l’impératrice douairière Cixi contre les seuls colons, conduisant à partir du 20 juin 1900 au siège des légations étrangères présentes à Pékin, l’épisode des «55 jours de Pékin», qui s’acheva par la victoire des huit nations alliées contre la Chine (Autriche-Hongrie, France, Allemagne, Italie, Japon, Russie, Royaume-Uni et États-Unis). Venant après la guerre sino-japonaise de 1894-1895, perdue par la Chine, cette nouvelle défaite constitue un jalon supplémentaire dans le combat qui oppose conservatisme et colonialisme à réformisme et indépendance, dans la Chine du XIXe siècle. Cet antagonisme se clôt par la chute de la dynastie Qing en 1912 et la création de la République de Chine.1 Juta Tentara" Dinasti Qing Kalah Lawan 20 Ribu Tentara Inggris? "Ini" Alasannya! - pastiseruLes causes des émeutes  

Les premiers Européens arrivent en Chine avec les jésuites et les Portugais de Macao, et au XVIIe siècle avec les lazaristes. Mais c’est surtout au début du 19e siècle qu’ils commencent à arriver, malgré le décret impérial de l’interdiction de la religion chrétienne en 1724. À la fin du 18e siècle, les catholiques (avec les Missions étrangères de Paris) et les lazaristes ont déjà plusieurs maisons en Mandchourie ; du côté protestant, Robert Morrison se fait passer pour un membre de la compagnie des Indes en 1807, suivi de quelques autres Britanniques. Les Américains arrivent dans les ports ouverts à partir de 1830. Le fameux père Huc accomplit son voyage en Chine, en Mongolie et au Tibet en 1844-1846. Puis à partir de 1860, les missionnaires apportent la base de la médecine moderne, ainsi que des écoles de type européen, combattant ainsi le confucianisme. Vers 1900, on compte plus d’un million de convertis. Pour convertir les populations locales, les missionnaires adaptaient la Bible en la traduisant en langue vernaculaire. Mais les imprécisions de ces traductions contribuent à diffuser une doctrine confuse. Un problème supplémentaire était que la conversion d’un homme entraînait la mise au ban de la société des membres de sa famille non convertis, les Chinois les appelaient les « chrétiens du riz » (convertis pour manger). History Brief: the Boxer Rebellion - YouTubeL’activité missionnaire d’Occidentaux implantés sur le territoire chinois provoque des réactions d’hostilité et de persécution. Les révoltes antioccidentales se traduisent par des attaques contre les missions étrangères, les « chrétiens du riz », ainsi qu’à toutes les technologies importées d’Occident (lignes de télégraphe et voies de chemin de fer), essentiellement dans le Nord-est du pays, où les puissances européennes et japonaises avaient commencé à étendre leurs concessions. Les grandes nations impérialistes occidentales, la Grande-Bretagne, l’Allemagne, la Russie, la France, la Belgique, puis les États-Unis, sont toutes désireuses d’ouvrir la Chine à leurs marchandises (opium compris, dans le cas de la Grande-Bretagne) et aspirent toutes se créer une sphère d’influence, leur garantissant un accès privilégié au territoire chinois. L’envoi de corps expéditionnaire entraîne deux conflits entre les Occidentaux et le pouvoir impérial chinois, les guerres de l’opium. Ces guerres sont menées par la Grande-Bretagne, secondé en 1860 par la France. Révolte des Boxers (義和團起義) - Ecole du lion d'orLe Traité de Nankin constitue le premier des « Traités inégaux », cédant des ports, des quartiers, comme à Shanghai, l’administration de régions aux puissances coloniales européennes et aux Américains. La multiplication de ces humiliations accélère la crise sociale et économique de la Chine, et renforce les velléités réformatrices des élites lorsqu’elles prennent conscience de l’archaïsme militaire, économique et politique de la Chine. Enfin, la défaite contre les Japonais en 1895, face à une petite nation asiatique perçue jusque-là par les Chinois comme secondaire, se solde par le traité de Shimonoseki, aux termes duquel la Chine perd les îles Pescadores, Taïwan, et la région de Port-Arthur, ainsi que sa suzeraineté sur la Corée ; à ces pertes territoriales s’ajoutent de lourds dommages de guerre à payer au Japon. Cette grave défaite ne fait que renforcer le sentiment de frustration et la xénophobie de la population chinoise.Révolte des Boxers — WikipédiaLes origines du mouvement Boxer Rebellion In China Banque d'image et photos - AlamyLa dualité des courants de pensée modernistes en Chine

Après la défaite face au Japon, de nombreux intellectuels prennent conscience de l’absence d’une politique de modernisation adéquate qui aurait permis de lutter à armes égales contre lui. D’abord ce mouvement se développe dans les grands centres urbains, provoquant une division au sein des cercles intellectuels, puisque l’aristocratie conservatrice se renforce en parallèle.Boxer rebels with flag in action during a battle in the Boxer Uprising or Yihequan Movement. This was a violent anti-foreign and anti-Christian uprising that took place in China between 1899 andLa Chine voit alors s’opposer deux courants de pensée moderniste :

è Le premier est anarchiste, révolutionnaire, rejetant la dynastie mandchoue, et n’adhérant pas à l’idéologie de Confucius. Le principal groupe est la Société pour la régénération de la Chine, animé par Sun Yat sen.

è Le deuxième courant, le plus important, est libéral, et souhaite s’associer au pouvoir pour appliquer un programme de modernisation. Son idéologie se base sur le syncrétisme intellectuel Chine-Occident. Les membres étudient alors les textes confucéens légitimant leurs choix. Kang Youwei est le chef de file du groupe, avec l’aide de son disciple Liang Qichao, il permet au mouvement de s’étendre dans la sphère publique grâce aux nombreuses associations et au dynamisme des notables ayant de l’influence sur la population.Boxer RebellionLes premiers effets de la modernisation se font sentir à partir de 1890, lorsque les ports s’ouvrent de plus en plus, la bureaucratie commence à se spécialiser comme en Occident, et les lettrés du mouvement réformiste forment un système de références intellectuelles et idéologiques. Le mouvement de 1889 est influencé par l’école de Hanxue qui met l’accent sur les aspects non conformistes de la pensée confucéenne et invite à un regard critique sur l’ordre établi. Le porte-parole du mouvement, Kang Youwei (1858 – 1927) s’intéressait en même temps à la pensée de l’Occident . Quelques semaines après la signature du traité de Shimonoseki, profitant de l’émotion générale il présente directement à la cour une pétition demandant des réformes profondes, signée par des milliers de lettrés. D’ailleurs ces intellectuels arrivent à atteindre les sphères du pouvoir avec la bénédiction de l’empereur Guangxu qui apprécie les propositions de Kang Youwei visant à réformer, à rénover l’armée, l’économie avec le capitalisme, l’éducation en envoyant des étudiants à l’étranger, la justice avec la création d’un code civil se différenciant de la coutume, à créer une constitution et une assemblée nationale de lettrés.German troops on campaign in China, Boxer Rebellion | Boxer rebellion, Military history, History warAu printemps 1898 alors que les pays étrangers augmentent leur pression politique sur la Chine, Kang Youwei est appelé par le jeune empereur qui s’entourait d’une équipe de brillants novateurs chinois notamment Liang Qichao, fondateur de la presse moderne chinoise. Ils s’attirent les foudres des ultraconservateurs, qui entourent l’impératrice douairière Cixi, et celle des réformateurs modérés. Trois mois après l’arrivée de Kang Youwei à la cour, l’armée met fin aux 100 jours de 1898 et fait décapiter les réformateurs. Mais les changements apportés par la modernisation engendreront aussi une réaction anti-réformiste, qui finira par l’emporter, favorisant ainsi l’expansion du mouvement des Boxers.

La naissance du mouvement des Boxers – Poings de la justice et de la concorde : German Sea Battalion in combat, Boxer Rebellion, China | War artwork, German history, War artLes Boxers est le nom donné par les Occidentaux à la secte du Yìhéquán, « Les Poings de la justice et de la concorde », plus tard appelée Yìhétuán, « Union de la justice et de la concorde » car, pour faire face aux forces de police des concessions étrangères, elle entraînait ses adhérents aux arts martiaux, à la boxe chinoise tout particulièrement, et à des pratiques mystiques, leur permettant — croyaient-ils — d’être invulnérables aux balles. Leur but initial était la lutte contre la dynastie mandchoue des Qing. Le mouvement des Boxers, qui s’inscrit aussi dans la tradition des sociétés secrètes en Chine, est créé au début des années 1890 et semble sortir tout droit du passé de la Chine : Il descend sans doute de la rébellion des Paumes des huit trigrammes, ayant eu lieu en 1813. Celle-ci avait également pris ses sources dans le désespoir de la masse paysanne, touchée par la crise économique provoquée par l’augmentation de la population.german-soldiers-medium - Buffalo Bill Center of the WestLa composition de ce mouvement est populaire, les membres de ce groupe, dans une Chine majoritairement rurale, étant essentiellement des ouvriers agricoles, mais au fur et à mesure s’ajoutent des bateliers, des porteurs, des artisans ruinés… Les Boxers proviennent presque uniquement de la classe basse de la société chinoise. Leur position dans leurs actions est donc plus radicale, de par leur statut dans la société. Ce mouvement est également opposé aux agissements des colons et aux passe-droits qu’ils s’octroient.

Déroulement de la Révolte des Boxers – Le début d’un conflit ouvert

Le meurtre de deux missionnaires allemands en novembre 1897 dans le Shandong, par une société secrète chinoise, fut l’un des éléments déclencheurs de la crise. Li Ping-heng, le gouverneur de la province, qui soutenait secrètement le mouvement par antichristianisme, fut remplacé à la demande des occidentaux. Yu-Hsien, nouveau gouverneur du Shandong, s’avéra cependant soutenir également les actions contre les occidentaux et les chrétiens. Cet événement amena la prise du port de Qingdao par l’Allemagne, afin de concurrencer Hong Kong et d’établir une base pour son escadre d’Asie, et provoqua l’octroi de concessions par la Chine qui fut rapidement suivi par les Russes avec Port-Arthur, les Français (avec Fort-Bayard, aujourd’hui Zhanjiang) et les Britanniques, poussant un peu plus les feux nationalistes et xénophobes parmi la population.

La révolte pouvait aussi être la conséquence d’une haine anti-réformiste. En effet l’arrivée des européens était également marquée par la naissance d’une nouvelle intelligentsia et un profond bouleversement politique. Ainsi après la défaite contre le Japon, de nombreux intellectuels avaient pris conscience du fait que le pays n’a pu se doter d’une politique de modernisation adéquate face à la montée en puissance du Japon. Les tentatives de réformes, soutenues par l’empereur Guangxu, avaient cependant été écrasées dans l’œuf avec la fin de la Réforme des Cent Jours. Le coup d’État de l’impératrice Cixi (selon l’orthographe française de l’époque : Tseu-Hi), avec la complicité de Yuan Shikai, commandant de la Nouvelle Armée, avait abouti à la mise aux arrêts de l’empereur et à une campagne d’épuration contraignant notamment Kang Youwei, dont le frère avait été exécuté, à l’exil. Les Boxers sortirent de l’ombre en mars 1898, prêchant ouvertement dans les rues sous le slogan « Renversons les Qing, détruisons les étrangers ». Après un dernier accrochage avec les troupes impériales chinoises en octobre 1899, l’activité des Boxers se concentra contre les missionnaires et leurs convertis, considérés comme des agents à la solde des « diables étrangers ». Les Boxers détruisirent des lignes télégraphiques et des voies ferrées, mirent à sac les églises catholiques, tuant des missionnaires et des religieuses, et massacrant des Chinois convertis. La cour impériale était divisée au sujet des Boxers. Yu-Hsien, renvoyé de son poste de gouverneur du Shandong sous la pression des occidentaux et remplacé par Yuan Shikai, se rendit à la cour et convainquit plusieurs membres de l’entourage de l’impératrice douairière Cixi, dont le Prince Duan, le Prince Chuang et le général Kang-i, d’apporter leur soutien au mouvement. La faction la plus conservatrice du système impérial Qing décida d’utiliser les Boxers comme une arme contre les puissances étrangères, malgré la vive opposition de Yu Lu, vice-roi du Shandong, et de Yuan Shikai. En janvier 1900, un édit de l’impératrice reconnut les sociétés secrètes. À partir de mai 1900, la cour impériale organisa des groupes de Boxers en milices à Pékin. Les princes Duan et Chuang, et le général Kang-i, furent officiellement nommés à la tête des groupes de Boxers présents dans la capitale. Le 7 juin 1900, des troupes de Boxers commencèrent à arriver en masse à Pékin. La sécurité de la capitale était désormais assurée par le Prince Duan et les forces armées impériales n’intervinrent donc pas pour les arrêter. Dans les jours suivants, près de 450 hommes de troupes occidentaux pénétrèrent dans la capitale chinoise pour protéger les délégations étrangères. La révolte atteignit son paroxysme : Les insurgés étaient désormais soutenus ouvertement par des éléments du pouvoir et changèrent leur slogan en « Soutenons les Qing, détruisons les étrangers ».

L’enchaînement des événements     

*Le 2 juin, l’hostilité de la population et des Boxers est telle que les colons sont obligés de mettre en place un périmètre de sécurité autour des légations ;

*Le 10 juin 1900, le ministre japonais Sugiyama Akira est assassiné ;     le 17 juin, les troupes impériales chinoises se joignent aux Boxers pour attaquer les légations ;

* Le 20 juin 1900, l’assassinat du baron allemand Von Ketteler cristallise l’ouverture du conflit ; le siège des légations commence.

L’atmosphère du siège 

L’atmosphère est tendue. Les assiégés, font face à des milliers de Chinois hurlant Sha ! Sha ! Cho ! Cho ! « Tue ! Tue ! Brûle ! Brûle ! ». Les membres des légations connaissent le sort réservé aux prisonniers : Ainsi le triste destin qui est celui du professeur américain Francis Hubert James, se faisant capturer sur le chemin pour rejoindre la légation britannique. Il est torturé pendant trois jours, décapité, et sa tête finit par être exposée sur l’une des portes de la cité. La faim est aussi source de crainte, puisqu’à la fin du siège, les réfugiés chinois se nourrissent de racines, de feuilles et de l’écorce des arbres. Pour les soldats, c’est la peur d’un débordement qui signifierait la fin, la peur du manque de munitions face à ces Boxers persuadés que les balles sont sans effet sur eux ; par ailleurs, ils n’ont aucune nouvelle de la colonne de l’amiral Seymour, qui, lui-même en difficulté à Tien-Tsin, ne se hâte pas, sur la foi de fausses informations selon lesquelles l’ensemble des légations auraient été massacrées. Pour finir, la peur croît avec la chaleur, l’atmosphère lourde provoquée par l’humidité, l’odeur des cadavres, et la vision des nombreux incendies. Le siège des légations de Pékin donne lieu à de multiples légendes. À Londres, on projette de faire célébrer, à la cathédrale Saint-Paul un service à la mémoire des assiégés, qui selon une dépêche provenant de Shanghai auraient tous été massacrés. De multiples dessins décrivaient des moments de lutte acharnée, alors qu’il n’en était rien sur le terrain. En ce qui concerne la diffusion des événements, la Gazette de Pékin les retransmettait quotidiennement, mais les informations en étaient falsifiées.

https://ecoleduliondor.fr/revolte-des-boxers-%E7%BE%A9%E5%92%8C%E5%9C%98%E8%B5%B7%E7%BE%A9/

https://journal.lutte-ouvriere.org/2010/06/18/chine-20-juin-1900-la-revolte-des-boxeurs_22589.html

https://www.histoire-pour-tous.fr/guerres/2881-la-guerre-des-boxers-chine-1900-1901.html

 

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