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23 septembre 1998 – En France, un homme se fait greffer une main droite par une équipe des meilleurs spécialistes mondiaux.

Jean-Michel Dubernard le champion de la greffe Greffe de mains : la France, pionnière, tente de surmonter ses lourdeurs administrativesPremière greffe de la main d’un autre. Huit chirurgiens français et australiens ont opéré à Lyon.World's first hand transplant patient dies aged 69 after undergoing the pioneering surgery in 1998 | Daily Mail OnlinePour la première fois, la main d’un autre a été greffée sur une personne amputée.Un troisième patient a reçu une greffe du pénis : Femme Actuelle Le MAGL’opération a été réalisée à Lyon, dans la nuit de mercredi à jeudi, par une équipe de huit chirurgiens dirigés par le Pr Jean-Michel Dubernard, chef du service de chirurgie de transplantation de l’hôpital Edouard-Herriot, et le Pr Earl Owen, directeur du centre de microchirurgie de Sydney (Australie). Avec succès. Clint Hallam, un homme d’affaires australien de 47 ans, amputé, en 1984, à la suite d’un accident de tronçonneuse, se porte bien. Mais il est trop tôt pour se prononcer sur sa capacité à garder cette main, prélevée sur un donneur anonyme, décédé quelques heures auparavant.Editorial Stock Photo - Stock Image | Shutterstock | Shutterstock EditorialL’intervention a duré plus de onze heures. L’avant-bras du donneur a d’abord été sectionné au-dessus du coude et perfusé pour être refroidi. «Une prothèse spécialement fabriquée a été mise en place pour redonner au corps du défunt une apparence normale», précisent les médecins. Ce greffon cryogéné a été transporté dans la salle d’opération du pavillon V de l’hôpital Herriot pour être retaillé au bon diamètre. Les principales artères et veines, les principaux muscles et tendons, ou nerfs, ont été repérés et individualisés pour faciliter la suture. La greffe a été alors réalisée entre 10 heures et 23 heures, sous anesthésie générale et «locorégionale». Le receveur avait lui aussi été préparé par des examens spécifiques des os, des tendons, des muscles et des vaisseaux de son moignon.La greffe : comment on remplace un organe ?Dans un premier temps, les os de l’avant-bras du greffon ont été fixés par des plaques et des vis à ceux du receveur. Et la circulation sanguine rétablie en suturant les artères et les trois principales veines. Ainsi revascularisé, l’avant-bras a repris un aspect normal. Ensuite, il a fallu raccorder les 21 tendons et les muscles. Puis, travail le plus long et le plus ardu, les huit chirurgiens se sont relayés pour suturer chacune des terminaisons des trois principaux nerfs (48 pour le médian, 28 pour le cubital). Enfin, la peau a été refermée en intercalant les lambeaux cutanés de chacun pour faire face à l’oedème postopératoire. Au sein de l’équipe, le Pr Dubernard a supervisé les gestes sur le greffon, le Pr Owen se chargeant de la réimplantation proprement dite. Sitôt opéré, le patient a été placé sous un puissant traitement immunodépresseur destiné à prévenir tout rejet (lire encadré), notamment une réaction de la moelle osseuse du greffon contre son hôte. «Le traitement sera allégé dans dix jours et maintenu à vie», précisent ses médecins. Par ailleurs, un psychologue, spécialiste des questions d’image corporelle, va aider le patient à accepter cette main étrangère. Rendue possible grâce aux récents progrès dans les molécules antirejet, cette transplantation constitue un pari. «Le problème, c’est le rejet de la peau d’un autre, qui ne se manifeste que trois semaines après la transplantation, expliquait hier le chirurgien Maurice Mimoun, de l’hôpital Rothschild. L’enjeu est immunologique. Chaque tissu (nerfs, tendons, épiderme, ndlr) a sa propre capacité de rejet. Mais c’est celle de la peau qui est la plus difficile à gérer.» Autre inconnue : une fois l’écueil du rejet franchi, la main greffée retrouvera-t-elle toute sa fonctionnalité ? «Le plus dur est de connecter chaque nerf entre eux pour pouvoir bouger le petit doigt», notait hier Jean-François Bach, immunologue à l’hôpital Necker.14 Clint Hallam Photos and Premium High Res Pictures - Getty Images«Je ne sais pas ce qui va arriver. Nous ne pouvons pas faire de pronostics, puisque c’est la première fois», a prudemment indiqué Earl Owen, hier, à la télévision australienne. Selon lui, Clint Hallam a exprimé sa gratitude d’être le premier bénéficiaire d’une allogreffe de la main. «C’est probablement une percée aussi importante que la première greffe du cœur», a ajouté le médecin. Père de quatre enfants, le receveur joue sa dernière carte. Juste après son accident à la tronçonneuse, une tentative de réimplanter sa propre main avait échoué : privée de sensibilité et de mouvement, il avait fallu l’amputer. D’où sa volonté de recourir à une allogreffe. Pour l’équipe de chirurgiens, félicitée hier par Jacques Chirac au téléphone, cette première mondiale dessine «un espoir pour les millions de victimes d’accidents du travail, d’accidents domestiques, de rescapés des guerres et des mines, et pour ceux nés avec des malformations congénitales».Clint Hallam - Alchetron, The Free Social EncyclopediaCompatibilité Pour qu’une greffe tienne, il faut que receveur et donneur soient compatibles, pour que le greffon risque moins d’être détruit par les cellules du système immunitaire du receveur. Cette compatibilité est dictée par le système HLA (Human Leucocyte Antigen), des molécules présentes sur toutes les cellules du greffon. Celles du donneur doivent être les plus proches possible de celles du receveur. Comme l’identité n’est jamais totale (excepté chez les vrais jumeaux) doivent également être prescrits des traitements immunodépresseurs. La violence du rejet varie, pour des raisons mal connues : les greffes de cœur, de rein ou de foie sont plutôt bien tolérées, alors que celles de peau sont souvent rejetées.

23 septembre 1998 : Première greffe de la main

Le 23 septembre 1998, le néo-zélandais Clint Hallam bénéficie d’une allogreffe de la main. C’est une prouesse technique et une première mondiale car, contrairement à l’autogreffe, ce n’est pas sa propre main mais celle d’un donneur anonyme qui lui est greffée. Particulièrement délicate, cette opération (qui durera 13 heures) nécessite de repérer puis de raccorder les os, les artères ainsi que les principales veines et les principaux nerfs reliant l’avant-bras à la main greffée. Cette étape est nécessaire pour permettre la repousse des fibres nerveuses jusqu’à l’extrémité des doigts afin que le patient retrouve mobilité et sensibilité. Urologue de formation, le professeur Jean-Michel Dubernard supervise l’opération. Il travaille dans le service d’urologie et de chirurgie de la transplantation à l’Hôpital Edouard Herriot (Lyon).

Le risque de rejet est important. En effet, chaque tissu (nerfs, tendons, épiderme…) a sa propre capacité de rejet,  et celle de la peau est la plus difficile à gérer.  L’opération est un succès. Cependant, Clint Hallam doit prendre à vie un traitement immunodépresseur et s’astreindre à une lourde rééducation. Deux ans et demi après la greffe, supportant mal à la fois son traitement et cette main étrangère, il demande à ce qu’elle lui soit retirée et subit une amputation…

Suite à cet échec psychologique, il a été décidé de pratiquer ce type de greffe seulement en cas de perte des deux mains, ce qui facilite l’acceptation des greffons. En 2000, le professeur Dubernard réussit la première greffe bilatérale sur la personne de Denis Chatelier. En 2005, il participe à la première greffe partielle de visage pour Isabelle Dinoire, opération très fortement médiatisée. Le professeur Dubernard a également mené une carrière politique. Il a été adjoint au maire de Lyon jusqu’en 2001 et député jusqu’en 2007. Il milite aujourd’hui en faveur de la création d’un pôle spécialisé dans la greffe à Lyon pour pérenniser la reconnaissance internationale de la ville dans ce domaine.

S’agrippant à des pailles avec la main d’un homme mort

Le « King of Cons » de Nouvelle-Zélande a réussi sa ruse la plus infâme et s’est retrouvé avec la main d’un homme mort.  Le 23 septembre 1998 à Lyon, en France, des chirurgiens ont travaillé pendant près de 14 heures pour attacher la main droite d’un motocycliste mort au bras de Clint Hallam. La main de Hallam a été coupée par une scie circulaire en 1984 dans la prison Rolleston de Christchurch. La main avait été remise en place, mais était inutile.  À l’époque, il purgeait une peine de 2 ans pour fraude.

L’opération était une première mondiale, réalisée sous la direction de Jean-Michel Dubernard, qui deviendra plus célèbre en réalisant la première greffe partielle du visage au monde.  Mais l’homme sur la table d’opération devant une équipe de chirurgiens internationaux en 1998 n’était pas celui qu’il paraissait.  À Napier, où il a vécu de 1990 à 1996, Hallam a été décrit par les créanciers comme un « voyou sympathique » qui a laissé « de nombreuses entreprises de Napier de sa poche ».

Un créancier, qui devait des milliers de dollars, a déclaré : « c’était un roi des escrocs, le roi des escrocs, mais un type plutôt sympathique ». La police néo-zélandaise a confirmé cette semaine qu’elle avait toujours un mandat d’arrêt contre Hallam s’il retournait un jour en Nouvelle-Zélande.  Des allégations de fraude le suivraient dans le monde entier.  Il est parti pour la France depuis Perth, en Australie, où il aurait fait face à des mandats d’arrêt pour faillite et devait des milliers de dollars.  Dans l’émission Witness de la BBC, le chirurgien britannique Nadey Hakim a déclaré qu’aucun des chirurgiens du bloc opératoire ce jour-là n’était au courant de l’histoire douteuse de Hallam.  Il leur a dit qu’il était un « homme d’affaires prospère » qui couvrirait lui-même le coût de l’opération, se souvient Hakim.  L’histoire a fait la une des journaux dans le monde entier, y compris à Perth, où les gens ont reconnu Hallam comme l’ex-détenu qui a perdu son bras en prison.  Son sang coulait déjà dans le bras d’un autre homme lorsque des chirurgiens l’ont confronté.  « Il a dit : » Oui, c’est vrai. Je ne voulais pas te le dire. Je n’ai pas d’argent. Je n’ai rien «  », a déclaré Hakim.

Les contribuables français ont payé la note.

Sinon, l’opération a été un succès. Il a été salué comme la plus grande percée chirurgicale de ce type depuis la première transplantation cardiaque 31 ans plus tôt. La main semblait prendre.  Mais les squelettes de Hallam cliquetaient dans le placard.  Il s’est avéré qu’il devait comparaître devant un tribunal australien l’année suivante pour faire face à sept accusations de fraude impliquant une arnaque à la carte carburant nationale, similaire à un système pyramidal, impliquant environ 100 personnes et totalisant 30 000 dollars australiens.  À Napier, un mandat d’arrêt a été émis pour des affaires de faillite. Pendant ce temps, il aurait demandé des sommes importantes aux médias pour raconter son histoire.  Il avait certainement voulu l’opération. S’adressant ensuite au Dominion, il a déclaré qu’il était obsédé par une greffe. Il traquait les experts avec des fax et des appels téléphoniques. « Rien au monde n’allait m’arrêter. Rien. »  Mais Hallam était tout sauf reconnaissant.  Pas au donneur anonyme. « Il était probablement écrit qu’un jour ou l’autre je récupérerais ma main. Pas celle d’un donneur. Ma main. »

Pas à sa famille. En 2008, il a été révélé qu’un an après l’opération, il avait quitté sa femme et ses enfants pour l’infirmière française Martine Szmytkowski [Marti], qui s’est occupée de lui quelques jours après son opération.  Et il s’est avéré qu’il n’était même pas reconnaissant d’avoir un coup de main.

« Marti est la seule bonne chose que les chirurgiens m’ont donnée », a-t-il déclaré.  « En dehors d’elle, je n’ai rien gagné. J’avais un bon style de vie, une bonne famille et j’ai tout perdu du jour au lendemain parce que je voulais un coup de main. »  Puis, en 2000, presque deux ans jour pour jour après l’opération, il a annoncé qu’il voulait qu’elle soit à nouveau coupée. « Je ne peux plus rien faire avec la main », a-t-il déclaré. « Il pend inutilement à mes côtés. Il a l’air hideux parce qu’il est flétri et je ne vois aucun intérêt à le garder plus longtemps. « Je ne veux pas paraître ingrat mais je pense que le moment est venu de me séparer de la main, même si les médecins veulent que je la garde. » Les médecins ont déclaré qu’il refusait de prendre ses médicaments immunosuppresseurs cruciaux, mais Hallam a nié les allégations.

Son ancien chirurgien, Hakim, a pesé : « Nous lui avons donné la chance d’une vie, et il l’a ruinée. Je suis désolé pour lui, pour nous et pour tous ceux qui lui ont tant donné et ont ensuite trouvé qu’il était un si mauvais exemple. »  En 2001, son corps avait rejeté la main. Les médecins ont soutenu que c’était parce qu’il refusait de prendre ses médicaments.  En février de cette année-là, dans un hôpital londonien non divulgué, sous un nom d’emprunt – bien qu’apparemment avec un contrat de magazine exclusif – il s’est fait amputer la main.  Mais l’histoire a survécu.  En 2002, Hallam a changé d’avis. Selon ses chirurgiens, il voulait maintenant une autre main.  Dubernard, qui a dirigé l’opération de 1998, a déclaré que cette fois, Hallam avait raté sa chance.

Jean-Michel Dubernard le champion de la greffe

A Lyon, tout le monde l’appelle Max. L’homme-orchestre de la première greffe mondiale du visage a toujours voulu être le premier. Ambition satisfaite pour le chirurgien, pas pour l’homme politique.

Il a bougonné qu’il n’avait « pas le temps, même pour une courte entrevue ». « Sa malade » à surveiller. Des coups de fil de journalistes du monde entier jusque tard dans la nuit. Le rapport sur la recherche à l’Assemblée nationale. Une de ses petites-filles jumelles hospitalisée pour une mauvaise bronchiolite. Deux vies en une entre Lyon et Paris. Tel est le quotidien de Jean-Michel Dubernard, 64 ans, l’homme-orchestre de la première greffe mondiale du visage.

Depuis plus de trente ans, cet hyperactif conduit en parallèle deux carrières, médicale et politique. L’une avec brio, l’autre avec moins de doigté. Ses amis se demandent comment il peut tenir un tel rythme. Il avoue une seule recette : la passion.  « J’avais à peine 11 ans quand j’ai eu la vocation après une opération de l’appendicite et l’annonce de la première transplantation de rein. » A y réfléchir d’un peu plus près, le fils de deux « orphelins de la guerre de 14-18 » s’autorise une deuxième explication plus psychanalytique : l’envie de faire « plaisir » à son père, médecin de campagne et maire pendant cinquante ans de la petite ville de Charly, dans le Rhône, et à sa mère pharmacienne.

En fouillant dans ces souvenirs, M. Dubernard trouve une troisième explication : son intérêt pour la mythologie et la figure du minotaure, mi-homme, mi- taureau. Le chirurgien est justement du signe zodiacal du taureau. Visage carré, ancien rugbyman, dans la vie comme le travail l’homme aime « foncer » et distancer ses poursuivants. Avant même d’obtenir ses diplômes de médecine, l’étudiant est passé aux travaux pratiques : il occupe ses soirées dans un laboratoire lyonnais qui expérimente des greffes de foie sur des chiens. « C’est là que j’ai appris à coudre les artères. Le soir il fallait garder les chiens. Je dormais avec eux dans leur puanteur. » Par un hasard extraordinaire, alors qu’il a 24 ans, sa candidature est retenue à Harvard, à Boston, dans le service de Jo Murray, un chirurgien plasticien américain, auteur de la première greffe de rein et futur Prix Nobel. « Pendant trois ans, je me suis totalement immergé dans ce monde. Ce séjour m’a ouvert véritablement l’esprit. J’ai tout appris. »

De retour à Lyon, le médecin s’oriente vers l’urologie avec une obsession : réaliser des greffes. En octobre 1976, il se lance en réussissant la première transplantation mondiale rein-pancréas. « J’ai vu arriver Antonio Frazi, un Italien, dans un état de grabataire. Je savais que si on ne faisait rien, il allait mourir. C’est un peu comme un ballon qui vous arrive au rugby. Il ne faut pas hésiter longtemps, sinon vous être écrasé par trois mastodontes. Je me suis dit « je fonce ». » Suivront la greffe de la main, puis la double greffe des mains et enfin, le 27 novembre 2005, la première mondiale de greffe de visage sur Isabelle, défigurée par son chien.

Qu’est-ce qui fait courir le médecin, qui fut également le chirurgien des transsexuels, dans cette compétition pour être le premier ? Besoin de consécration ? « Je n’ai pas besoin de ça. Ma seule motivation, c’est de faire avancer la médecine. Je le fais pour mes malades. Isabelle avait la gueule arrachée. On ne pouvait pas la réparer. Il fallait l’aider, sinon, nous n’aurions pas été des médecins », dit celui qu’à Lyon tout le monde appelle Max.

Sa première greffe du pancréas lui vaudra en 1980 le titre de « rhônalpin de l’année » et éveillera l’intérêt des milieux politiques. En 1981, Charles Mérieux lui propose de prendre la tête du comité de soutien de Jacques Chirac pour la présidentielle. Deux ans plus tard, Michel Noir l’accueille sur ses listes aux municipales, et en 1986 il est élu député de la troisième circonscription du Rhône. Dès lors, le médecin se rêve un destin national. En 1986, Jacques Chirac, qui vient d’être nommé à Matignon, l’appelle pour lui proposer le ministère de la recherche. Jean-Michel Dubernard annule ses vacances, un directeur de cabinet le contacte. Le Lyonnais est prêt. Las ! Lorsque la composition du gouvernement est énoncée sur le perron de l’Elysée, Jean-Michel Dubernard découvre qu’il a été coiffé au poteau par le Bordelais Jacques Valade. Première déception d’une longue série.

A chaque changement de gouvernement, Max, l’ami de Bernadette Chirac, corrézienne comme ses parents, le dévoreur de tête de veau comme Jacques, se prend à rêver. Mais les plats passent. En 2001, il veut se lancer dans la course à la mairie de Lyon pour succéder à Raymond Barre.

Le résultat est désastreux. La droite perd Lyon, après un siècle de règne. Jean-Michel Dubernard n’obtiendra pas son ticket d’entrée dans le gouvernement Raffarin, ni dans celui de Villepin et devra se consoler avec la présidence à l’Assemblée nationale de la commission des affaires culturelles et sociales.  L’urologue reconnu dans le monde entier, doué d’une géniale intuition, rate tous ses coups en politique. « C’est injuste, confie le sénateur centriste Michel Mercier. L’homme politique est à la hauteur du médecin : un homme d’une très grande humanité, d’une très grande rectitude morale. »  A entendre ses amis, Jean-Michel Dubernard renvoie une image qui ne lui correspond pas. Derrière l’ancien rugbyman un tantinet macho, réputé pour aimer les grandes bringues post étudiantes et les blagues bien grasses, se cacherait un grand timide, passionné par la poésie, la physique et les origines de la vie. « C’est un intellectuel qui ne se prend pas au sérieux », résume son meilleur ami, Bruno Gignoux, médecin et élu UMP. Ses proches insistent sur « sa fidélité, sa simplicité, son infini respect des malades ».

Ses détracteurs, eux, ne supportent pas ce qu’ils considèrent être de la grivoiserie, et un art de tirer la couverture à soi. « Il est resté l’étudiant en médecine en goguette, avec ses plaisanteries de corps de garde, toujours à côté de la plaque », assène Gérard Collomb, le maire socialiste de Lyon. Il est vrai que le spécialiste de la microchirurgie ne fait pas toujours dans la dentelle. A la fédération de l’UMP, chacun se souvient du truculent député débarquant le pantalon sur les genoux devant son ancienne suppléante Marie-Chantal Desbazeille, qui avait décidé de se présenter contre lui et l’avait traité de « député sans couilles ». « Le voici, le député, il en a deux, et elles sont bien pendues ! », avait fanfaronné le Max.  Dans deux ans, le médecin devra quitter l’hôpital, atteint par la limite d’âge. L’homme politique, quant à lui, restera disponible.

https://www.liberation.fr/societe/1998/09/25/premiere-greffe-de-la-main-d-un-autre-huit-chirurgiens-francais-et-australiens-ont-opere-a-lyon_246745/

https://www.lemonde.fr/planete/article/2005/12/23/jean-michel-dubernard-le-champion-de-la-greffe_724142_3244.html

http://www.stuff.co.nz/dominion-post/capital-life/10549100/Grasping-at-straws-with-a-dead-mans-hand

https://www.exploralyon.fr/?p=632

 

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