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Analyse Essai

Iran sans l’internet – dans l’obscurité numérique

Iran : Starlink, sauveur du black-out d’Internet ?Peut être une image de texte qui dit ’N f f IRAN EXPERIENCING NATION -WIDE INTERNET , MONITOR SAYS IN.DOTNEWS’Iran sans l’internet – dans l’obscurité numériquePeut être une image de texte qui dit ’f@dno@centrlstNationTvy istNationTV @小a国 @Cent @CentristNationT www.contristnation.tv www. CN CENTRIST NATION INTERNET SHUT DOWN ACROSS IRAN JAN JAN09,2026C:BBC 09. 2026 SOURCE: BBC A’

Depuis le 8 janvier 2026, l’Iran a connu une coupure quasi totale d’internet, avec une chute dramatique du trafic — parfois à moins de 2 % ou presque zéro selon NetBlocks et Cloudflare — ce qui signifie que la grande majorité des citoyens ne peuvent plus se connecter, communiquer ou publier en ligne. Cette “obscurité digitale” n’est pas un accident technique : les autorités ont restreint exprès l’accès à l’internet mobile et aux réseaux, souvent pendant les moments clés des manifestations, pour empêcher que les images, vidéos et messages des protestataires ne se diffusent. En coupant l’accès aux réseaux, le régime vise à :Iran's Internet blackout leaves public in dark, creates uneven picture of  war with Israel|Arab News Japan

Empêcher la documentation des violences policières et militaires, réduisant les preuves disponibles hors du pays. Briser la coordination entre manifestants et entre familles, rendant plus difficile l’organisation des protestations. Isoler la population du monde extérieur, limitant la solidarité internationale et continuer ses massacres [ Nettoyages ]des populations .

L’internet “national” vs l’internet global
L’Iran des mollahs possède un réseau interne contrôlé par l’État, appelé National Information Network. Même quand le pays est “déconnecté”, certains médias d’État continuent de fonctionner via ce réseau, mais l’accès aux plateformes globales — comme Instagram, Twitter ou WhatsApp — est largement bloqué ou restreint.

Iran : Starlink, sauveur du black-out d’Internet ?182 Atta Kenare Iran Internet Stock Photos, High-Res Pictures, and Images -  Getty Images

Une stratégie qui a ses limites. Internet est à l’image d’un océan, on a beau essayer d’ériger des barrages, il finit toujours par déborder. Selon plusieurs ONG, dont Iran Human Rights, le bilan dépasse plusieurs milliers de morts, et nous avons découvert, sur les réseaux sociaux ce week-end, des vidéos de l’intérieur et de l’extérieur d’une morgue de Téhéran. On aperçoit des dizaines, peut-être des centaines de corps gisant au sol dans des sacs mortuaires. Les images finissent par nous parvenir mais cette censure brouille les informations et distille du doute. Chaque élément reçu exige un travail de vérification usant et chronophage.

La population iranienne est une habituée des coupures de réseau. Déjà en 2022 après l’arrestation et la mort en garde à vue de Mahsa Amini, Internet avait déjà été altéré, tout comme en 2019 après les mouvements liés à l’augmentation du prix du carburant. Nous pouvons même remonter aux manifestations de 2009 déclenchées par la réélection contestée de Mahmoud Ahmadinejad, accusé de fraude. Les autorités avaient bridé Facebook et Twitter, des jeunes outils qui étaient à l’époque essentiels pour permettre aux Iraniens de s’organiser.Iran Internet blackout: Iran erupts in Unrest: Violent protests across 50  Cities, Internet blackout and airspace closure; 45 Dead

Face à ces répressions numériques, la population a su très tôt déployer des moyens de contournement comme les VPN qui permettent à l’utilisateur de se situer géographiquement à un autre endroit dans le monde.

Mais le pouvoir iranien a également gagné en précision et cette coupure est particulièrement efficace. Les autorités ont réussi à réduire massivement internet (plus de 95 % du trafic vers l’Iran s’est arrêté) tout en conservant les communications officielles et le réseau pour le système bancaire ou les systèmes diplomatiques.Iran: Internet shutdowns and interruptions amid protests in major cities -  FIJ

Les satellites Starlink dans le collimateur des autorités

Elon Musk apportera-t-il la lumière dans le chaos grâce à sa constellation de satellites qui permet un accès à Internet ? C’est du moins son storytelling et il propose gracieusement ses abonnements comme il avait pu le faire en Ukraine avant de mieux facturer son service. Mais ce n’est pas si facile d’utiliser Starlink à partir d’un téléphone mobile, il faut se munir de boitiers spécifiques qui sont interdits sur le sol iranien, les faire acheminer clandestinement n’est pas une mince affaire.

Selon plusieurs médias iraniens en exil relayés par Libération, il y aurait entre 40 000 et 50 000 abonnements Starlink en Iran, ce qui n’est pas énorme à l’échelle de la population mais peut être suffisant pour divulguer les précieuses images de ces derniers jours. Là encore les autorités semblent avoir gagné en expérience et les installations de Starlink sont directement ciblées avec des systèmes de brouillage militaire sophistiqués.

Si Starlink patine en Iran, il reste à Elon Musk le territoire vénézuélien où il a proposé la gratuité de ses services jusqu’au 3 février. Après, il faudra sans doute payer.

Le désordre du monde reste définitivement pour les uns un marché porteur !Iranians Fear Turning Into Another 'North Korea' If Draconian Internet  Censorship Bill Passes

Le comportement de Téhéran s’inscrit dans l’usage mondial des coupures d’Internet comme outil de contrôle politique. Les perturbations continues de l’accès à Internet depuis la mort d’Amini constituent la coupure la plus grave en Iran depuis le blackout total de novembre 2019.

À l’heure actuelle, une grande partie du travail repose sur la société civile, les individus et les entreprises technologiques, afin d’aider les Iraniens à contourner la censure, à déjouer les coupures et à exiger des comptes.Deep stress for Iranian Australians in protest blackout

Il est intéressant de noter que les États-Unis ont récemment assoupli leurs sanctions sur les technologies de communication en Iran, en élargissant les types de plateformes autorisées et en supprimant l’exigence selon laquelle les communications devaient être personnelles. Bien que cela puisse constituer un exemple positif d’action concrète en réponse aux manifestations, l’action unilatérale demeure généralement préoccupante : elle manque des garde-fous du système international, et l’Iran a déjà suffisamment souffert des interventions étrangères.

Il incombe à la communauté juridique internationale de traiter les contradictions entre les instruments juridiques susceptibles de justifier des comportements étatiques inacceptables, et de renforcer les obligations juridiques, notamment en établissant un droit à l’Internet.               Iranian people are under a forced digital blackout imposed by the regime.,  Their internet is cut., Their phones don’t work., Their voices are being  silenced., This is the fourth day of their ...

Pour l’instant, la communauté internationale doit amplifier les voix iraniennes et maintenir le gouvernement iranien sous surveillance, en dénonçant à la fois les violations des droits humains et les coupures d’Internet. Il s’agit là d’un nouveau rappel grave que les coupures d’Internet deviennent de plus en plus une caractéristique du contrôle étatique, et que la communauté internationale doit continuer à œuvrer en faveur de solutions concrètes et de mécanismes d’application non interventionnistes.DOSSIER : analyse de la cyberguerre en Iran menée face à la révolte en 2022

 

 

Iran : Starlink, sauveur du black-out d’Internet ? | France Culture

https://www.berkeleyjournalofinternationallaw.com/post/iran-and-internet-shutdowns-does-international-law-have-an-answer

 

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