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Le 3 février 1966 – Alunissage de la sonde soviétique Luna 9

La sonde soviétique Luna 9 réussissait le premier atterrissage en douceur sur un corps extraterrestre.

Le 3 février 1966, la sonde soviétique Luna 9 réussissait le premier atterrissage en douceur sur un corps extraterrestre. Pour la première fois aussi, l’humanité découvrait des images de la surface de la Lune.

Lancée le 31 janvier 1966 depuis le cosmodrome de Baïkonour, la sonde Luna 9 (ou Lunik 9) fut la première de l’histoire à réussir un atterrissage en douceur à la surface d’un corps autre que la Terre, en l’occurrence notre satellite, la Lune. C’était le 3 février à 18 h 44 TU dans le vaste océan des Tempêtes (Oceanus Procellarum), grande tache sombre visible à l’œil nu dans la moitié ouest du disque lunaire. Ce fut une victoire de plus pour les Soviétiques qui, sur fond de rivalités spatiales avec les Américains, avaient déjà réussi dans le cadre du programme Luna conduit par Sergei Korolev, le premier survol de la Lune en janvier 1959 (Luna 1), le premier crash volontaire d’un engin terrestre, la même année, avec Luna 2, et les premières images jamais réalisées de la face cachée de notre satellite, un mois plus tard, en octobre 1959, avec Luna 3.

De 1958 à 1976, l’Union Soviétique envoie en fait pas moins de 24 missions automatiques vers le satellite naturel de la Terre avec plus ou moins de succès. On retiendra toutefois, le premier engin spatial à s’affranchir de l’attraction terrestre avec Luna 1 (janvier 1959), le premier impact sur le sol lunaire avec Luna 2 (septembre 1959), la première photographie de la face cachée de la Lune avec Luna 3 (octobre 1959) et enfin, après plusieurs essais infructueux, le premier atterrissage en douceur avec Luna 9 en février 1966.

Un alunissage à rebonds 

Après une série d’échecs, Luna 9 est enfin prête pour un alunissage en douceur. Sa masse totale est de 1.538 kg, partagée entre un étage pour le vol (système de guidage, rétrofusées, réservoirs, etc.) et un autre, de 99 kg, contenant tous les instruments scientifiques et de communications. L’atterrisseur sera emporté par la fusée Molniya, qui vient d’être mise au point spécialement.  Enveloppée dans un airbag, la partie sphérique qui renferme les caméras est tombée à 22 km/h sur la surface lunaire. Après quelques rebonds, la sonde s’est stabilisée, les pétales qui la recouvraient ont pu s’ouvrir et ses quatre antennes de 75 cm se sont déployées. Profitant d’un Soleil assez bas sur l’horizon, une série de quatre panoramas furent réalisés au cours des trois jours que dura la mission, jusqu’à épuisement de ses batteries.  Quatre mois plus tard, le 2 juin 1966, ce fut au tour des Américains de réussir un « soft landing » sur la Lune avec la mission Surveyor 1. Mais même si plus de 11.000 photos furent alors prises, le véritable vainqueur qui est entré dans l’histoire reste Luna 9.

Les Soviétiques réalisent une autre première dans la course à l’espace en posant sur la Lune la sonde Luna 9, lancée du cosmodrome de Baïkonour, au Kazakhstan, le 31 janvier 1966. Parmi les avancées réalisées, la prise de plusieurs images panoramiques sans précédent qui feront bientôt le tour de la Terre.  L’Union soviétique (URSS) réalise des premières dans la course à l’espace l’opposant aux États-Unis avec le satellite Spoutnik (1957) et le vol spatial de Youri Gagarine (1961). À partir de 1961, l’objectif ultime devient la possibilité de poser un humain sur la Lune et de le ramener sain et sauf, un défi que le président américain John F. Kennedy avait lancé à son pays dans un discours prononcé le 25 mai. Une étape de ce projet est franchie le 31 juillet 1964. Les Américains parviennent alors avec Ranger 7 à obtenir des milliers de photographies de la Lune en s’y approchant jusqu’à environ 1000 pieds. Ce sont les meilleures à ce jour. Par la suite, cette sonde lancée le 28 juillet s’écrase sur la Lune. L’URSS obtient moins de succès sur ce plan avant 1966. Le 31 janvier, Luna 9 est lancée à bord d’une fusée à plusieurs étages. Grâce à l’usage de rétrofusées, la sonde fait un alunissage en douceur le 3 février, ce qui permet de constater que le sol lunaire est assez consistant pour supporter un appareil de ce genre. Cette information est fondamentale dans le projet plus ambitieux qui consiste à envoyer éventuellement des hommes sur la Lune. Avec l’équipement qui est à son bord, Luna 9 procure ensuite 8 heures de retransmission radio ainsi que des images filmées panoramiques sans précédent. À la demande de l’URSS, elles sont rendues publiques par l’observatoire britannique Jodrell Bank. Le contact aurait ensuite cessé le 6 février avec l’épuisement de la batterie. Cette nouvelle réussite soviétique est saluée par un télégramme de félicitations du président américain Lyndon Johnson à son homologue Nikolaï Podgorny. Les États-Unis frappent à leur tour un coup d’éclat le 2 juin 1966 alors que Surveyor 1, un appareil plus grand et plus lourd que Luna 9, se pose sur la Lune. Les milliers de photos prises à cette occasion permettent maintenant de capter des détails d’une fraction de centimètre. Le 20 juillet 1969, l’Américain Neil Armstrong deviendra le premier homme à fouler le sol lunaire.

 

https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/astronautique-il-y-50-ans-sovietiques-photographiaient-surface-lune-61525/

https://reves-d-espace.com/3-fevrier-1966-premier-atterrissage-lunaire-par-luna-9/

https://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMEve/1620

 

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